Actualités

Octobre 2026 — Chronique Pop Philo

Penser à deux yeux

Ulysse, le Cyclope et Wajdi Mouawad — Petit manuel de survie intellectuelle pour qui veut voir le monde en relief

Cet été, Christopher Nolan a ressuscité le Cyclope sur écran IMAX. Bien avant lui, le dramaturge Wajdi Mouawad avait fait de Polyphème la figure de tous les pouvoirs qui regardent le monde d’un seul œil. Sa leçon tient en une image : sans deux yeux, pas de profondeur. Problématiser, argumenter, rédiger : voilà nos deux yeux. Voilà, au fond, ce que j’enseigne, du baccalauréat aux concours, des cours particuliers d’Esprit Contemporain aux amphithéâtres de l’EDHEC.

15 juillet 2026Sortie en France de L’Odyssée de Christopher Nolan. Polyphème y est une marionnette mécanique géante, pas une image de synthèse.
700 M$Recettes mondiales franchies par le film en douze jours d’exploitation (Variety).
80 %des 18-25 ans utilisent l’IA au moins une fois par semaine ; 41 % chaque jour (Ipsos BVA × Theia, avril 2026).
77 %jugent qu’il faut désormais apprendre davantage à juger qu’à mémoriser.
63 %estiment que les examens ne reflètent pas fidèlement leur niveau réel.
1975Jan Patočka forge la « solidarité des ébranlés » ; la même année, Michel Foucault publie Surveiller et punir.

PROBLÉMATISER → ARGUMENTER → RÉDIGER → VOIR LE MONDE EN RELIEF

« Qui n’a qu’un œil solitaire serti au milieu du front est privé de perspective. » — Wajdi Mouawad

LE RETOUR DU GÉANT

Il mesure plusieurs mètres et ne doit rien aux images de synthèse. Pour son Odyssée, sortie en France le 15 juillet, Christopher Nolan a fait construire un Cyclope mécanique géant. Le public a suivi. En douze jours, le film a franchi les 700 millions de dollars de recettes mondiales. Matt Damon y joue Ulysse. Polyphème y tient son rôle de toujours : celui du monstre qui ne voit que d’un œil.

Le mythe a près de trois mille ans. Il n’a pas pris une ride. Wajdi Mouawad, l’homme d’Incendies et de Littoral, en a tiré un texte bref et fulgurant. Il y relit le chant IX d’Homère comme on lit un fil d’actualité. Tout part d’une évidence d’ophtalmologiste. Pour voir un paysage en relief, il faut deux yeux. Chacun saisit un point de vue légèrement décalé. Le cerveau superpose les deux images. De ce chevauchement naît la profondeur de champ.

Le Cyclope, lui, voit le monde en aplat. Il ignore l’arrière-plan, l’ombre, la face cachée des choses. Mouawad en fait une métaphore politique redoutable : le Cyclope, c’est le pouvoir qui impose un point de vue unique. J’en tire une leçon pédagogique, qui est le fil rouge de mon enseignement.

Penser, c’est apprendre à regarder avec deux yeux. Et cela s’apprend : séance après séance, copie après copie.

INFO — QUI EST WAJDI MOUAWAD ?

Né en 1968 au Liban, Wajdi Mouawad fuit enfant la guerre civile avec sa famille. Après des années à Paris, il grandit au Québec, où il se forme au théâtre. Auteur du cycle Le Sang des promesses (Littoral, Incendies, Forêts, Ciels), il prend en 2016 la direction du Théâtre national de la Colline, à Paris. Denis Villeneuve a porté Incendies au cinéma en 2010. Son œuvre tourne autour de la guerre, de l’exil et des promesses trahies faites à la jeunesse.

PERSONNE, OU LA REVANCHE DE LA RUSE

Revenons dans la grotte. Ulysse et ses compagnons y sont prisonniers. Un rocher colossal en ferme l’entrée, telle une paupière de pierre. Tuer le monstre ne servirait à rien : aucun Grec ne pourrait ensuite déplacer le bloc. La force brute mène au tombeau. Ulysse choisit donc une autre arme, la culture. Il offre au géant un vin reçu des dieux. Il se présente sous un faux nom : « Personne ». Puis il profite de l’ivresse pour lui crever l’œil avec un pieu d’olivier durci à la braise. Les autres Cyclopes accourent aux cris. « Qui te tue ? » « Personne ! » Ils repartent. Les Grecs s’échappent, agrippés sous le ventre des béliers.

Mouawad résume la morale d’une formule : contre la barbarie, il est sage d’user de moyens dont la finesse échappe à la barbarie. Les Grecs avaient un mot pour cela : la mètis. Marcel Detienne et Jean-Pierre Vernant l’ont décrite dans Les Ruses de l’intelligence (1974).

La mètis ne frappe pas plus fort. Elle pense de biais. Elle invente l’angle que l’adversaire n’a pas prévu.

La pop culture n’a jamais oublié la leçon. En 1973, Mon nom est Personne offre à Terence Hill un western où l’humour désarme les pistoleros. En 2000, les frères Coen transforment John Goodman en vendeur de Bibles borgne dans O Brother, Where Art Thou? : un Cyclope du Mississippi, gourdin à la main. Chaque époque fabrique son Polyphème. La nôtre aussi.

LE CYCLOPE N’EST JAMAIS MORT

Mouawad écrivait au temps du massacre des Rohingyas et d’une Syrie devenue « grotte à l’œil opaque ». Il voyait dans le nazisme, le fascisme, le franquisme et l’« assadisme » les descendants directs du monstre homérique. Leur projet commun ? Interdire toute perspective. Traquer la moindre échappée belle. Car tout volume crée une profondeur, et toute profondeur abrite une ombre qui contredit le pouvoir.

Le régime de Bachar al-Assad est tombé en décembre 2024. Le Cyclope, lui, survit. Mouawad le compare à un lymphome qui revient après la chimiothérapie. Ses formes nouvelles sont plus sournoises. Elles condamnent les dictatures d’hier. Elles nomment « crise » ou « dette » leur œil frontal. Elles imposent leur rythme par la bureaucratie plutôt que par la terreur. Et elles nous rendent complices, nous qui surconsommons et surchauffons la planète.

Le Cyclope moderne ne nous enferme plus de force. Il s’adosse à notre confort pour mieux nous dévorer.

LES CINQUANTE YEUX DU PAON

Face au Cyclope, Mouawad dresse un autre animal : le paon. Jadis, raconte-t-il, les paons dévoraient les Cyclopes. Leur roue déployée exhibait cinquante yeux, préfiguration de la pluralité des points de vue politiques et esthétiques. Le paon devenait l’oiseau démocratique.

La mythologie lui donne raison. Ovide raconte dans les Métamorphoses qu’Héra déposa sur la queue du paon les yeux d’Argos Panoptès, le géant qui voyait tout. Le mot a fait carrière. Jeremy Bentham en tire au XVIIIe siècle le panoptique, une prison où un gardien unique surveille tous les détenus. Michel Foucault en fait en 1975, dans Surveiller et punir, le modèle de nos sociétés de contrôle.

D’où l’inquiétude de Mouawad. Que se passerait-il si le Cyclope et le paon s’alliaient ? L’un imposerait sa loi par la violence économique. L’autre surveillerait chaque résistance de ses cinquante yeux qui ne dorment jamais.

« Ils ont cinquante yeux mais ne regardent que d’un seul œil. » — Wajdi Mouawad

Cette phrase décrit nos écrans avec une précision troublante. Votre fil d’actualité affiche mille sources. Son algorithme, lui, n’a qu’un regard : celui qui vous retient. La multiplicité est apparente ; la vision reste monoculaire. L’intelligence artificielle générative pose une question voisine. Selon l’enquête Ipsos BVA pour Theia d’avril 2026, 80 % des 18-25 ans l’utilisent chaque semaine, 41 % chaque jour. L’outil n’est pas un monstre. Mais il délivre une réponse fluide, d’une seule voix.

Or une réponse n’est pas un point de vue. Encore faut-il savoir en construire un second.

LE SECOND ŒIL S’APPELLE PROBLÉMATIQUE

Comment acquérir ce second œil ? Par une gymnastique précise, que l’école française nomme problématisation. C’est par elle que commence chacun de mes accompagnements, avant même d’écrire une ligne. Elle repose sur une distinction simple. Le thème désigne un champ : l’intelligence artificielle. Le sujet découpe ce champ : l’IA à l’école. La problématique transforme le sujet en question qui fait débat : l’IA libère-t-elle l’élève de l’effort de penser, ou lui en impose-t-elle un nouveau ? La thèse, enfin, y répond par une prise de position, tranchée ou nuancée.

À RETENIR — LES QUATRE ÉTAGES DE LA PENSÉE

  • Thème : un champ de réflexion, plus ou moins délimité.
  • Sujet : le découpage précis de ce champ.
  • Problématique : la question qui dirige la réflexion — une intuition formalisée, qui engage celui qui la pose.
  • Thèse : la réponse argumentée, tranchée ou nuancée, que l’on s’attache à démontrer.

La problématique fonctionne exactement comme la vision binoculaire. Elle superpose deux regards sur le même objet. Elle fait apparaître la tension entre eux. Sans tension, pas de relief. Un sujet sans problème est un paysage plat. Les chercheurs parlent de knowledge gap : le trou dans la connaissance, la pièce manquante du puzzle. C’est précisément là que commence la profondeur.

Vient ensuite le plan. Il n’a rien d’une case administrative à cocher. C’est une grille de lecture qui garantit la clarté du raisonnement. Le plan présentatif expose : description, chronologie, thèmes. Le plan appellatif débat : avantages et inconvénients, thèse, antithèse, synthèse. Le plan représentatif démontre : faits, causes, conséquences, ou problème et solution.

La dialectique, au fond, est une machine à loucher intelligemment. Un œil sur la thèse, un œil sur l’antithèse, et un cerveau qui fusionne les deux dans la synthèse.

CONVAINCRE, PERSUADER, DÉLIBÉRER

Le texte de Mouawad est aussi une leçon de rhétorique en acte. Il raisonne par analogie : le Cyclope ressemble au dictateur. Il convoque l’autorité : Homère, rien de moins. Il recadre le réel : la dictature devient un lymphome. Il s’achève sur une clameur qui cherche à nous émouvoir. Les Anciens auraient reconnu les trois devoirs de l’orateur : probare, conciliare, movere. Prouver, rallier, émouvoir.

Toute argumentation conjugue trois verbes. Convaincre, c’est s’adresser à la raison par des preuves ordonnées. Persuader, c’est toucher la sensibilité par des valeurs et des images partagées. Délibérer, c’est peser plusieurs thèses avant de décider. Pascal l’avait noté : l’art de persuader consiste autant en celui d’agréer qu’en celui de convaincre. Mais la persuasion a sa pente fatale. Coupée de la raison, elle glisse vers la manipulation : flatter, affoler, caricaturer.

C’est l’éloquence du Cyclope. Elle émeut sans jamais démontrer.

La délibération, au contraire, est l’art des deux yeux. Montaigne voulait « frotter et limer notre cervelle contre celle d’autrui ». On ne délibère jamais seul. On délibère avec un contradicteur, réel ou imaginaire. Le jury d’assises délibère. La démocratie délibère. Une bonne dissertation aussi.

ÉCRIRE COURT POUR VOIR LOIN

Reste l’épreuve de vérité : l’écriture. Une pensée floue produit des phrases floues. L’inverse est vrai aussi.

L’architecture d’abord. Le journalisme enseigne la pyramide inversée : titre, chapô, attaque, développement, chute. Le développement occupe 80 % du texte et répond au comment et au pourquoi. Un paradoxe guide le geste : l’introduction vient en premier dans la conception, mais en dernier dans la rédaction. On ne présente bien que ce qu’on a déjà pensé. L’article que vous lisez suit ce schéma. Vérifiez.

Vient ensuite la phrase. Je donne à mes élèves sept règles d’or, héritées de l’école du journalisme.

POINTS CLÉS — LES SEPT RÈGLES D’OR DE LA RÉDACTION

  1. Écrire des phrases courtes, autour de douze mots.
  2. Une seule idée, une seule information par phrase.
  3. L’essentiel de l’information en début de phrase.
  4. Le vocabulaire dans son sens premier.
  5. Une construction simple : sujet, verbe, complément.
  6. La forme active.
  7. Une ponctuation juste.

Ces règles ne sont pas une cure d’amaigrissement du style. Elles sont une hygiène démocratique. Le Cyclope adore le jargon et la voix passive. « Des mesures ont été prises » : par qui ? La forme active oblige à nommer l’agent. Elle rend chacun responsable de ses actes, et de ses phrases.

La clarté est une politesse. C’est aussi une arme.

Et l’IA ? Elle existe. Pourquoi s’en priver ? Le mauvais usage consiste à se contenter de ce qu’elle produit : un copier-coller amélioré. Le bon usage commence après la réponse. On élimine les platitudes. On vérifie les sources. On personnalise. On cherche l’angle que la machine n’a pas vu. Les jeunes l’ont compris avant les institutions. Selon la même enquête Ipsos, 77 % jugent qu’il faut désormais apprendre davantage à juger qu’à mémoriser. Et 69 % pensent qu’il faut apprendre encore plus qu’avant pour se démarquer d’une IA.

« On ne peut pas être original (à l’origine de tout). Il faut s’efforcer d’être singulier. » — Mohamed Mbougar Sarr, prix Goncourt 2021

CHAQUE MATIÈRE, UN ŒIL DE PLUS

Voilà pourquoi j’enseigne des disciplines en apparence dispersées : au lycée, en tronc commun comme en spécialité ; en classes préparatoires ; pour les concours ; à l’EDHEC. Elles poursuivent un seul but : multiplier les points de vue sans perdre la netteté du regard.

La philosophie et les humanités, littérature et philosophie (HLP) donnent l’œil du concept. Définir, distinguer, problématiser : Socrate n’a jamais rien fait d’autre. Le Cyclope affirme ; le philosophe questionne.

L’histoire-géographie et la géopolitique (HGGSP) offrent l’œil de la profondeur. Le temps long ajoute des plans au paysage. Les échelles changent la focale. Une carte du monde vue de Pékin ne ressemble pas à celle vue de Washington. La géopolitique est, littéralement, une science des points de vue.

Les sciences économiques et sociales aiguisent l’œil de la causalité. Mesurer, modéliser, distinguer corrélation et causalité. Bref, résister aux évidences qui n’en sont pas.

Le français, en Première comme en classes préparatoires (B/L, D1 droit-économie, prépas scientifiques, où dissertation et résumé décident de bien des rangs), cultive l’œil de l’interprétation. Lire un apologue, un conte philosophique, un essai, c’est apprendre à repérer l’argumentation indirecte. Voltaire le savait : « Les meilleurs livres sont ceux qui font faire la moitié du chemin au lecteur. » Mouawad relisant Homère ne fait pas autre chose.

Le Grand Oral du bac, la note de synthèse et le grand oral du CRFPA, la question contemporaine, les QRC et le cas pratique de l’INSP, les épreuves de Sciences Po exigent enfin l’œil de la délibération. Synthétiser des sources contradictoires. Trancher. Prendre la parole devant un jury, sans filet. C’est le moment où l’on cesse de regarder pour commencer à agir.

À l’EDHEC, où j’enseigne la géopolitique et la science politique aux étudiants de BBA, la leçon se prolonge. Futurs managers, ils dirigeront des entreprises dans un monde que ni un tableur ni un seul regard ne suffisent à décrire. Les soirées Pop philo d’Esprit Contemporain, enfin, ouvrent ces questions à tous : on y lit Homère avec Nolan, Patočka avec l’actualité.

LA MÉTHODE DES DEUX YEUX, CONCRÈTEMENT

Tout cela pourrait rester une belle image. Mon travail consiste à en faire une méthode. Chaque accompagnement part du référentiel du programme ou du concours visé. Il tient compte du niveau de chacun et du but à atteindre. Puis il avance par étapes, toujours les mêmes, toujours exigeantes.

D’abord, voir : distinguer le thème du sujet, repérer la tension, formuler la problématique. Ensuite, construire : choisir un plan, hiérarchiser les arguments, chercher l’exemple qui fait mouche. Enfin, écrire : des phrases courtes, actives, claires. L’IA trouve ici sa juste place. Elle peut proposer une première réponse. L’élève apprend à la discuter, à la vérifier, à la dépasser.

INFO — CE QUE PROPOSE ESPRIT CONTEMPORAIN

  • Des cours personnalisés, individuels ou en groupe, en adéquation avec le référentiel du programme.
  • Des modes de raisonnement fondamentaux, des repères notionnels, des fiches synthétiques et des fiches-méthode.
  • Des tests à chaque séance, pour mesurer la progression.
  • Une disponibilité entière pour l’élève, et des comptes rendus réguliers aux parents.
  • Lycée (tronc commun et spécialités), classes préparatoires, concours : Sciences Po, CRFPA, INSP.

LA SOLIDARITÉ DES ÉBRANLÉS

Le texte de Mouawad se clôt sur une image saisissante. Si Ulysse revivait son odyssée, il serait prisonnier d’une grotte autrement sophistiquée. Dessinée par les plus grands architectes. Défendue par les meilleurs avocats. Protégée par les lobbys, adossée à la finance, reliée au monde par ses propres satellites. Alors les compagnons d’Ulysse uniraient leurs voix, de Bucarest à Nairobi, de Kiev à Ramallah, de Marseille à Djerba. Et monterait une clameur : où sont donc les foudres de Zeus ?

Contre le Cyclope, Mouawad oppose une formule : la « solidarité des ébranlés ». Il l’emprunte au philosophe tchèque Jan Patočka, qui la forge en 1975 dans ses Essais hérétiques. Porte-parole de la Charte 77, Patočka meurt en 1977, après des interrogatoires de la police politique. Mouawad a confié sur France Culture que cette idée avait bouleversé sa vie. Elle circule encore : en cette rentrée 2026, Beata Umubyeyi Mairesse publie chez Julliard un récit qui porte ce titre.

Être ébranlé, c’est perdre ses certitudes. C’est aussi le premier geste de la pensée. Le Cyclope, lui, n’est jamais ébranlé. Il ne doute pas. Il ne voit qu’un plan.

Alors, où sont les foudres de Zeus ? Pas dans le ciel. Elles logent dans une question bien posée, un argument éprouvé, une phrase claire. Ulysse n’a pas vaincu Polyphème par les muscles. Il l’a vaincu par un mot : « Personne ». L’arme des faibles a toujours été le langage. Transmettre cette arme, c’est le pari d’Esprit Contemporain.

INFO — PRENDRE RENDEZ-VOUS

Cours particuliers à Nice et en visio : philosophie, français, HLP, histoire-géographie, HGGSP, SES, Grand Oral, classes préparatoires, Sciences Po, CRFPA, INSP. Premier entretien en visio offert : cours-particuliers-nice.fr/contact

François Birembaux · Professeur-Formateur · Esprit Contemporain — Nice, octobre 2026

Sources : Homère, Odyssée, chant IX. · Wajdi Mouawad, texte sur le Cyclope et le paon (« Voir… »). · Jan Patočka, Essais hérétiques sur la philosophie de l’histoire, Verdier, trad. Erika Abrams. · Marcel Detienne et Jean-Pierre Vernant, Les Ruses de l’intelligence. La mètis des Grecs, Flammarion, 1974. · Michel Foucault, Surveiller et punir, Gallimard, 1975. · Ipsos BVA × Theia, Les jeunes et les examens à l’ère de l’IA, avril 2026 (1 000 jeunes de 18 à 25 ans). · France Culture, Avec philosophie, « Wajdi Mouawad : l’idée de “solidarité des ébranlés” de Patočka a bouleversé ma vie ». · Beata Umubyeyi Mairesse, La Solidarité des ébranlés, Julliard, 2026. · Données de box-office de L’Odyssée : Variety, relayé par Cinésérie, juillet 2026.

LE CYCLOPE A UN ŒIL. VOUS EN AVEZ DEUX. APPRENONS ENSEMBLE À NOUS EN SERVIR.

Rentrée 2026 — Événement

Yoga — Rentrée

Séance découverte, vendredi 4 septembre

Vendredi 4 septembre, de 18 h à 20 h 15, l’association Mandawa ouvre ses portes pour une soirée découverte du yoga, portée à deux voix par François et Florence. Une rentrée sans mot d’ordre héroïque : simplement retrouver le souffle, l’équilibre et le goût d’être pleinement là.

4 sept.vendredi, à Nice
18 h — 20 h 15deux heures et quart
Mandawa18 rue Édouard-Scoffier, 06300
Débutantsaucune expérience préalable requise

Poser l’arc

Les yogis connaissent depuis longtemps ce moment où l’élan se dérobe : vishada, l’abattement qui saisit Arjuna au seuil de la Bhagavad-Gîtâ. Debout sur son char, au milieu du champ de Kurukshetra, il pose son arc : trop de tumulte devant lui, trop d’incertitude, plus aucune envie de repartir au combat. Krishna ne lui promet pas un monde plus simple ; il lui apprend à agir autrement, depuis un point d’équilibre qui ne dépend ni de l’agitation extérieure ni de la victoire attendue. Toute rentrée possède un peu de ce vertige : il faut reprendre le mouvement avant même d’avoir retrouvé son centre.

Deux approches, un même fil

C’est précisément à ce point que commence le yoga : non comme une fuite hors du réel, mais comme une manière plus juste de l’habiter. De 18 h à 20 h 15, François et Florence proposeront deux approches complémentaires, reliées par un même fil : revenir au corps, laisser le souffle remettre de l’espace là où tout se resserre, puis retrouver une stabilité qui ne soit ni raideur ni immobilité. Le Hatha Yoga y déploiera son art des polarités — Ha, le soleil, et Tha, la lune — tandis que les pratiques proposées permettront à chacun d’expérimenter, à son rythme, plusieurs chemins vers une même présence.

Aucune souplesse particulière, aucune expérience préalable, aucun costume de yogi ne sont requis. Il suffit de venir avec une tenue confortable et la curiosité de consacrer deux heures et quart à autre chose qu’aux notifications, aux listes de tâches et aux bonnes résolutions déjà épuisées. Le yoga ne promet pas d’arrêter le vacarme du monde ; il propose, plus modestement et peut-être plus utilement, de ne pas lui abandonner tout l’espace intérieur.

Deux heures et quart — Il aura fallu dix-huit chants à Krishna pour remettre Arjuna en mouvement. Mandawa dispose de deux heures et quart : ce ne sera pas une révélation cosmique, mais cela peut suffire pour poser l’arc, dérouler le tapis et recommencer autrement.

Informations pratiques

Séance découverte Yoga — vendredi 4 septembre, de 18 h à 20 h 15.
Avec François et Florence — Association Mandawa, 18 rue Édouard-Scoffier, 06300 Nice.
Tenue confortable conseillée, aucune expérience préalable requise.

Tous les renseignements sur le site de l’association Mandawa

« À la vie, à la mer, dit le tee-shirt. À la vie, au tapis, répond la rentrée. »

Rentrée 2026 — Chronique EDHEC

Le monde que vous allez diriger ne tient pas dans un tableur

Pourquoi le cours dispensé n’a rien d’une option de culture générale

Un tableur calcule des marges ; il n’a jamais vu venir un embargo, un blocus numérique ou un char d’assaut. Trente ans après la « fin de l’Histoire », la géopolitique revient cogner à la porte des conseils d’administration — et les écoles de commerce, qui avaient rangé la carte du monde au grenier, doivent réapprendre à la lire.

65conflits armés actifs en 2025, un record depuis 1945
117 millionsde personnes déplacées de force la même année
17,3 %tarif douanier moyen des États-Unis mi-2026, contre 2,4 % un an plus tôt
90 %des puces les plus avancées sortent d’une seule usine, à Taïwan

Francis Fukuyama en avait fait un livre culte, aussitôt cité dans tous les amphis de sciences po et de commerce : le monde serait désormais plat, interconnecté, régi par le marché et par la raison — la géographie réduite à un détail logistique, la politique à une ligne dans les « risques annexes » du business plan. Trop de générations de futurs cadres ont ainsi appris à lire un bilan, un chiffre d’affaires, un tunnel de conversion. Personne ne leur a appris à lire une carte.

Ce texte n’est pas un plaidoyer pro domo pour deux années de cours. C’est un constat : la violence n’a jamais pris sa retraite, elle a seulement changé de costume. Encore faut-il, pour la voir venir — dans un board, une chaîne d’approvisionnement ou un fil TikTok —, savoir la lire dans ses trois langues.

Coup n° 1 — La violence qui se voit

Johan Galtung, sociologue norvégien fondateur des études sur la paix, distinguait dès 1969 trois visages de la violence. Le premier est celui qu’on filme : la violence directe, celle des armes. Carl von Clausewitz l’avait résumée dès 1832 dans une formule devenue proverbiale à force d’être vraie — « la guerre n’est rien d’autre que la continuation de la politique par d’autres moyens ». En 2025, la planète a battu un record qu’on croyait enterré avec le siècle dernier : 65 conflits armés actifs, un sommet inédit depuis 1945, et 117 millions de personnes chassées de chez elles. Taïwan, qui fabrique à elle seule 90 % des semi-conducteurs les plus avancés au monde, reste le point du globe le plus surveillé par tous les états-majors — otage de la dynamique que l’universitaire américain Graham Allison a baptisée le « piège de Thucydide » : quand une puissance dominante voit son rang disputé par une puissance montante, l’Histoire, statistiquement, tourne mal. Sparte contre Athènes, hier ; Washington contre Pékin, aujourd’hui.

Demandez à Carlsberg. Le brasseur danois pensait gérer une usine en Russie ; il gérait, sans le savoir, une position géopolitique. En juillet 2023, Moscou place sa filiale Baltika sous contrôle de l’État par décret présidentiel. Bilan à l’arrivée : 5,47 milliards d’euros de pertes actées sur l’exercice 2023, et un PDG qui qualifie publiquement l’opération de « vol ». Le cours de commerce international ne l’y avait pas préparé. Le cours de géopolitique, si.

À retenir — La violence directe n’a jamais quitté le monde. Elle a seulement quitté les radars du savoir.

Coup n° 2 — La violence qui ne dit pas son nom

Le deuxième visage du triangle de Galtung ne tire jamais un coup de feu : c’est la violence structurelle, celle des rapports de force qui privent, sans bruit, des populations ou des entreprises entières de ce dont elles ont besoin. En 2026, sa grammaire, c’est le tarif douanier. Le taux moyen appliqué par les États-Unis à leurs importations est passé de 2,4 % à 17,3 % en huit mois. Apple fabrique encore 90 % de ses iPhone en Chine : un iPhone 17 pourrait coûter jusqu’à 40 % plus cher à produire à cause d’une ligne dans un décret que Tim Cook n’a pas signé. Il n’a jamais tiré une seule cartouche. Il navigue quand même en zone de guerre.

Ajoutez la dédollarisation partielle des BRICS+ — 35 % du PIB mondial en parité de pouvoir d’achat, excusez du peu — et une Chine qui contrôle plus de 80 % du raffinage mondial des terres rares : le lithium et le cobalt sont un peu les épices de Dune, en moins photogénique. Qui tient le désert tient l’Empire ; qui tient l’usine de raffinage tient la voiture électrique. Les chercheurs Henry Farrell et Abraham Newman ont un nom pour ce basculement : l’« interdépendance armée ». Le libre-échange, cette promesse de paix perpétuelle chère aux libéraux du XIXe siècle, est devenu l’arme préférée de la rivalité des puissances.

Info — On appelle ça la géoéconomie. Ce n’est pas un module optionnel : c’est la grammaire dans laquelle s’écrivent, désormais, tous les plans stratégiques.

Coup n° 3 — La violence qu’on ne voit jamais venir

Reste la plus sournoise des trois : la violence culturelle — celle qui rend l’autre acceptable, le récit qui légitime, l’algorithme qui trie ce qui mérite votre indignation. Max Weber définissait l’État comme la seule institution en droit d’exercer, sur un territoire donné, la violence légitime. Il n’avait pas prévu Starlink. Depuis 2022, une entreprise privée — celle d’un seul homme — conditionne, selon son bon vouloir, les communications de l’armée ukrainienne. Une multinationale qui exerce, de fait, une fonction régalienne : voilà à quoi ressemble le pouvoir au XXIe siècle, et voilà pourquoi Joseph Nye a dû inventer de nouveaux mots — soft power, sharp power, digital power — pour décrire des formes de coercition qui ne cassent jamais une seule vitre.

TikTok en est l’exemple le plus limpide : outil d’influence culturelle et, selon les chercheurs Christopher Walker et Jessica Ludwig, instrument de ce sharp power qui manipule une perception plutôt qu’il ne séduit une opinion. Washington, Pékin et Bruxelles défendent aujourd’hui trois modèles rivaux de souveraineté numérique, et aucun des trois ne maîtrise entièrement la chaîne — des données jusqu’aux terres rares qui font tourner les serveurs. Diriger une entreprise dans dix ans, ce sera choisir dans lequel de ces trois mondes on joue.

Trois violences, un seul monde — celle qu’on voit venir, la guerre ; celle qu’on subit sans la voir, la structure ; celle qu’on ne voit jamais venir, le récit qu’on nous raconte.

La vraie propédeutique

Rien de tout cela n’est une option de culture générale à cocher entre deux études de cas marketing. La chaîne d’approvisionnement, les sanctions, les contrôles à l’export, l’instabilité réglementaire : c’est devenu, au même rang que la finance ou le marketing, une compétence stratégique de premier plan. ASML, l’entreprise néerlandaise qui détient le monopole mondial de la lithographie EUV — la machine sans laquelle aucune puce avancée ne voit le jour —, l’a compris avant tout le monde : sa position n’est pas un simple avantage commercial, c’est un levier géopolitique. Toyota, qui garde six mois de stocks quand ses concurrents misent sur le flux tendu, avait vu venir la pénurie des années avant qu’elle n’éclate. Diversifier ses fournisseurs, lire un rapport de l’OMC comme on lit un bilan, repérer un risque politique avant qu’il ne devienne une ligne de pertes : voilà ce qu’on appelle, en Bachelor, la propédeutique. Le mot fait peur, l’idée est simple — c’est la grammaire qu’il faut posséder avant de pouvoir écrire une phrase qui tient debout.

C’est très exactement ce que couvrent, à l’EDHEC, les deux années de Bachelor consacrées à ces questions. En BBA1, la grammaire pure : ce qu’est un État, un gouvernement, une nation ; comment se fabriquent le pouvoir, l’autorité, la légitimité ; ce que recouvrent, au juste, le libéralisme, le conservatisme et les idéologies qui structurent encore chaque débat public. En BBA2, la syntaxe appliquée : guerre et paix, gouvernance économique mondiale, guerres commerciales, Chine et Taïwan, BRICS et multipolarité, souveraineté numérique, climat et énergie — l’entreprise elle-même comme acteur géopolitique à part entière. Et ce monde qu’on y apprend à lire, le cours se garde bien de le présenter comme une évidence : l’ordre international hérité de Westphalie et de 1945 est aujourd’hui ouvertement contesté par un Sud global qui ne l’a pas écrit et n’a pas toujours eu voix au chapitre. Comprendre le monde, ici, ce n’est pas apprendre une seule carte. C’est apprendre à lire toutes celles qui s’affrontent pour la même table.

Ce qui ne s’improvise pas

Hannah Arendt faisait une distinction que tout futur dirigeant devrait garder en tête : le pouvoir et la violence ne sont pas la même chose. La violence, expliquait-elle en substance, surgit précisément là où le pouvoir — cette capacité à agir ensemble, à convaincre plutôt qu’à contraindre — a déjà échoué. Apprendre à penser le monde en géopoliticien, ce n’est donc pas apprendre à mieux se battre. C’est apprendre à repérer, avant tout le monde, l’endroit exact où le pouvoir cède la place à la force, pour ne jamais s’y trouver en simple spectateur.

Le monde ne demandera l’avis de personne avant de rallumer une guerre commerciale, de couper un câble sous-marin ou de fermer un détroit. Vous serez peut-être aux commandes en 2027.

La vraie question n’est donc pas de savoir si la science politique et la géopolitique vous concernent.

François Birembaux enseigne la science politique en BBA1 et la géopolitique en BBA2 à l’EDHEC Business School.

C’est de savoir depuis combien de temps vous avez cessé de les regarder.

Rentrée 2026 — Chronique

Socrate vs ChatGPT

Qui gagne le match de la rentrée ?

L'IA répond en trois secondes. Nous, on réapprend à questionner.

80 %des 18-25 ans dégainent l'IA chaque semaine
41 %l'utilisent tous les jours
69 %veulent en savoir plus, pas moins
2 500 ansaprès Socrate, la question redevient l'arme

ChatGPT résume vos cours, rédige vos dissertes et répond à tout en trois secondes chrono. So what ?

On pourrait s'arrêter là, hausser les épaules, et regarder Netflix. Sauf qu'il y a un hic : pendant que la machine expédie les réponses, plus personne n'a appris à poser les questions. Et ça, c'est un problème nettement plus intéressant qu'un prompt bien tourné.

80 % des jeunes, une IA, zéro pause

Chiffre qui ne surprendra personne sous les préaux : 80 % des 18-25 ans dégainent l'IA au moins une fois par semaine, 41 % tous les jours. Ce n'est plus un outil, c'est un réflexe — au même titre que checker son téléphone au feu rouge.

Mais il y a un twist. 69 % de ces mêmes jeunes avouent qu'il va falloir en connaître un rayon en plus, pas en moins, pour ne pas se faire doubler par leur propre assistant. Le robot ne rend pas paresseux : il rend l'à-peu-près intenable.

Bienvenue dans le paradoxe 2026 : plus la machine répond vite, plus il faut penser lentement.

Socrate faisait déjà du clickbait il y a 2 500 ans

On a longtemps aimé l'élève qui savait. Celui qui sortait la bonne date, la bonne formule, la bonne référence — le champion du par-cœur.

L'IA vient de tuer ce jeu-là. Net. Sans sommation.

Quand une machine recrache en cinq secondes un plan en trois parties plus convaincant que la moitié des copies de fin d'année, la compétence rare n'est plus d'avoir la réponse. Elle est de savoir si la réponse tient debout. De la secouer un peu. De demander : et pourquoi, au juste ?

Socrate embêtait déjà tout le monde sur l'Agora avec cette manie de tout remettre en question au lieu de valider poliment. Vingt-cinq siècles plus tard, on lui donne enfin raison — grâce à un robot conversationnel, ce qui est une ironie qu'il aurait probablement adorée.

À retenir — Le vrai danger, ce n'est pas l'élève qui ne sait pas. C'est celui qui croit savoir parce qu'il a une belle réponse sous les yeux, sans avoir fait un mètre du chemin qui y mène. L'illusion de la maîtrise, sponsorisée par l'algorithme.

L'IA, copilote — jamais chauffeur

Ici, le mot d'ordre est simple, presque brutal : l'IA sert d'entraînement, pas de pilote automatique. On dialogue avec elle. On la contredit. On la prend en défaut. On lui demande de se justifier — comme à un pote un peu trop sûr de lui en soirée.

Parce qu'au fond, même le prompt le mieux troussé ne dispense de rien : pour demander quelque chose de précis à une machine, encore faut-il savoir ce qu'on cherche vraiment. Sinon, on obtient une réponse à une question qu'on ne s'est jamais posée.

Info — « L'IA récompense ceux qui réfléchissent avant de taper. » Tout est là.

Lire un livre en 2026 : le nouveau geste punk

On va vous dire un truc qui sonnera vintage : on va continuer à faire lire des vrais livres, écrire de vraies phrases, apprendre par cœur, argumenter à voix haute. Pas par nostalgie de la craie et du tableau noir.

Parce que c'est précisément ce bagage-là — cette culture qu'on a en tête, pas dans un onglet — qui permet de repérer quand la machine raconte n'importe quoi avec un aplomb déconcertant. Sans elle, on gobe une hallucination d'IA aussi facilement qu'un fait divers non vérifié.

Points clés — Lire, aujourd'hui, c'est presque un acte de résistance. Penser par soi-même, carrément un geste subversif.

Ce qu'on ne lâchera pas

Notre came, ce n'est plus juste la bonne note. C'est l'élève qui sait pourquoi il pense ce qu'il pense — et qui peut le défendre, à l'oral, devant quelqu'un qui n'est pas d'accord.

L'IA peut reformuler, simuler un contradicteur, préparer un oral, pointer une faiblesse dans un raisonnement. Très bien. Qu'elle le fasse.

Mais elle ne prendra jamais la place de ce moment précis, un peu inconfortable, où on cherche, on se plante, on recommence — et où, d'un coup, ça fait sens. Ce moment-là ne se délègue pas. Même à la meilleure IA du monde.

Le pari

Ni panique technophobe, ni fascination béate.

Apprendre avec l'IA. Résister à ses raccourcis. Garder l'esprit qui pique. Continuer, contre vents et algorithmes, à penser par soi-même.

La vraie question de 2026, ce n'est pas de savoir jusqu'où ira la machine.

Source : Ipsos BVA × Theia, avril 2026

C'est de savoir jusqu'où on est encore prêts à aller, nous.

Pop Philo au Stockfish

Toutes les soirées, du plus récent au plus ancien

Depuis novembre 2024, les soirées Pop Philo réunissent chaque mois les Niçois au Stockfish (5 av. François Mitterrand, Nice) pour des débats philosophiques ouverts à tous. Animées par François Birembaux, ces rencontres gratuites explorent les grandes questions de notre temps dans un esprit d'ouverture, de tolérance et de pluralisme.

Pop Philo — La passion, grâce existentielle ou danger absolu ?

9 juin 2026

La passion, grâce existentielle ou danger absolu ?

Faut-il se méfier de ses passions ou les embrasser ? Dernière soirée de la saison — une réflexion sur ce qui donne sens et intensité à la vie.

Pop Philo — L'enfer c'est les autres ou le début du monde ?

5 mai 2026

L'enfer c'est les autres ou le début du monde ?

Sartre avait-il raison ? Autrui est-il une menace ou la condition même de notre humanité ? Un dialogue sur le vivre-ensemble.

Pop Philo — La vérité vaut-elle vraiment le coup ?

24 mars 2026

La vérité vaut-elle vraiment le coup ?

Fake news, post-vérité, relativisme… Dans un monde où tout se vaut, chercher la vérité a-t-il encore un sens ?

Pop Philo — Le cœur intelligent à l'épreuve de l'IA et des nouvelles technologies

3 février 2026

Le cœur intelligent à l'épreuve de l'IA et des nouvelles technologies

L'intelligence artificielle remplacera-t-elle notre sensibilité ? Un débat au croisement de la philosophie, de la technologie et de l'humanisme.

Pop Philo — Cet obscur objet du désir

3 octobre 2025

Cet obscur objet du désir

Le désir est-il notre moteur ou notre prison ? De Platon à la société de consommation, une plongée dans ce qui nous anime et nous consume.

Pop Philo — Puis-je encore penser dans le vacarme du monde ?

20 juin 2025

Puis-je encore penser dans le vacarme du monde ?

Réseaux sociaux, flux d'information continu, bruit permanent… Comment préserver notre capacité de réflexion dans le chaos contemporain ?

Pop Philo — Libertés — Au bord de la crise de nerfs COMPLET

Avril 2025

Libertés — Au bord de la crise de nerfs

Nos libertés sont-elles en danger ? Entre surveillance numérique, crises sociales et aspirations individuelles, un débat brûlant d'actualité.

Pop Philo — Le bonheur à l'épreuve du XXIème siècle COMPLET

27 février 2025

Le bonheur à l'épreuve du XXIème siècle

Sommes-nous condamnés à courir après le bonheur ? Soirée COMPLET — un succès qui confirme l'engouement niçois pour la philosophie accessible.

Pop Philo — Le beau, le vrai, le choc : à quoi sert l'art aujourd'hui ?

16 décembre 2024

Le beau, le vrai, le choc : à quoi sert l'art aujourd'hui ?

L'art peut-il encore nous bouleverser dans un monde saturé d'images ? Une exploration de la beauté, de la vérité et du pouvoir de l'art contemporain.

Pop Philo — Les JO 2024 : l'ivresse du sport

29 novembre 2024

Les JO 2024 : l'ivresse du sport

Pourquoi le sport nous fait-il vibrer ? Première soirée Pop Philo au Stockfish — un débat inaugural passionné autour de l'épopée olympique et de ce que le sport révèle de nous.